Nous en voyons souvent passer et on les cite souvent dans les discours et les présentations… De plus en plus de labels se créent. Mais comment s’y retrouver parmi cet éventail chaque fois plus large ?
Le label peut refléter différentes réalités
En théorie, n’importe qui peut en fait créer un label et l’attribuer à qui bon lui semble. Cela car ce terme n’a pas de définition précise ni de limites restrictives. Cela ne veut pas pour autant dire qu’aucun label n’est fiable. Nombre d’entre eux sont en effet créés par des organismes publics, des organisations professionnelles ou des associations, qui ont largement fait leurs preuves.
En résumé, un label correspond à une marque protégée. Celle-ci dispose d’un logo et d’un nom ainsi qu’un cahier des charges auquel l’organisme doit répondre. Il existe deux types de labels :
- Les labels dits « auto-déclaratifs », sous la responsabilité unique de celui qui l’appose sur le produit,
- Les labels « contrôlés ou certifiés » par un organisme tiers.
La certification, quant à elle, est davantage encadrée.
Contrairement aux labels auto-déclaratifs, elle doit obligatoirement être octroyée par un organisme indépendant par souci d’impartialité. Les pouvoirs publics accréditent un organisme indépendant, ce qui veut dire qu’un audit annuel est réalisé pour s’assurer de sa compétence. Le respect du processus de certification s’effectue en plusieurs étapes : souvent, ce sont des audits sur le terrain.
Maintenant que la différence est claire, un petit tour (non exhaustif) des plus connus, appliqués aux projets tertiaires…
Des certifications / démarches généralistes
HQE : Certification transversale axée sur le développement durable.
Certification portée par l’association HQE, créée par l’Etat.
Bon à savoir : le référentiel est en libre accès pour offrir la possibilité de suivre librement la démarche. Néanmoins, pour qualifier un projet HQE et utiliser la marque déposée, il faut passer par une certification par CERTIVEA ou CERQUAL QUALITEL certification.
La certification HQE suit 4 niveaux : Performant / Très performant / Excellent / Exceptionnel selon 4 engagements :
- La qualité de vie (sécurité, salubrité, confort et vivre ensemble…)
- La performance économique (coûts optimisés, implication dans la dynamique du territoire)
- Le respect de l’environnement (usage raisonné des ressources/énergie, lutte contre le réchauffement climatique, contexte naturel…)
- Le management responsable (concertation, maîtrise du projet, procédures d’évaluation pour amélioration…)
La certification se fait en plusieurs étapes au long du projet, de la conception à l’utilisation. Elle est régie par le code de la construction.
Bâtiment Durable : démarche transversale et territorialisée
Les démarches régionales Bâtiments durables sont issues d’associations régionales interprofessionnelles composées d’acteurs de la construction et de l’aménagement. Il s’agit d’un mouvement en fort développement avec la création récente de nouvelles antennes locales pour répondre à une demande croissante de la profession. En effet, les développeurs et les constructeurs engagés dans les démarches Bâtiments durables y trouvent l’opportunité d’un accompagnement de leur projet adapté aux conditions locales : climat, ressources disponibles, techniques de construction et architecture vernaculaire.
C’est dans un esprit collaboratif et collégial que les projets sont évalués, modifiés ou validés. Ce, par des membres des associations qui sont des professionnels de la filière. Ainsi, il ne s’agit pas de calquer un référentiel strict sur un projet. Il s’agit d’entrer dans une « démarche Bâtiment Durable » et faire évoluer son projet vers plus de durabilité.
Ce label vise les constructions neuves ou réhabilitations, qu’elles soient privées ou publiques. La démarche est qualifiée selon 3 niveaux : Bronze, Argent ou Or. Elle requiert un accompagnateur pour piloter la mise en place de la démarche. C’est un acteur de l’opération formé par Terragilis, choisi par le maître d’ouvrage. La commission d’évaluation interprofessionnelle se fait en 3 temps : conception – réalisation – usage.
Des certifications / labels sur des thématiques précises…
OSMOZ : Label axé sur le confort et bien-être.
Label lancé en 2018 par CERTIVEA.
Le label Osmoz est régi par 3 leviers : le bâtiment, ses aménagements, son animation. Ils forment 3 composantes : OsmoZ Bâti, OsmoZ Aménagement, OsmoZ Animation RH. Ces composantes peuvent être visées individuellement, ou de manière globale.
6 enjeux à étudier : La santé environnementale / La démarche collaborative / L’hygiène de vie / L’équilibre vie privée / vie professionnelle / La communication et le lien social / Les fonctionnalités
4 étapes à suivre : contractualisation du mode de certification choisi > Période d’évaluation > Audit et rapport complet avec les constats d’intervention, actions correctives en cas d’écart > Obtention du label délivré par Certivéa.
Passerelles possibles avec la certification HQE / les labels Accessibilité et R2S pour valoriser des démarches en faveur de la qualité de vie
Label ACCESSIBILITE
Issu d’un travail commun de l’organisme de certification CERTIVEA et de l’agence d’architecture Handigo, le label Accessibilité est disponible depuis 2017. Prenant acte du vieillissement et changement des modes de vie des populations, le référentiel du label accompagne les acteurs pour renforcer l’accessibilité dans les bâtiments tertiaires.
Son but ? Favoriser la prise en compte des besoins spécifiques des utilisateurs et visiteurs du bâtiment par la mise à disposition d’une méthodologie composée d’une boîte à outils techniques et d’un système d’évaluation de l’inclusivité du bâtiment. Pour que l’organisme certificateur puisse s’assurer que le bâtiment réponde et aille au-delà de la réglementation PMR, il exament des spécifications techniques dans 6 thématiques :
- Facilité d’accès : entrée accueillante, circulation horizontale aisée, desserte verticale équitable… ;
- Confort acoustique : acoustique interne, sonorité à la C marche, positionnement des espaces
Facilité d’usage : qualité d’orientation, manœuvre des portes, ergonomie des espaces hygiène… ; - Confort visuel : lumière naturelle et vue extérieur, limitation de l’éblouissement, uniformité lumineuse ;
- Sécurité et sûreté : protection contre les risques ordinaires, sécurisation des abords extérieurs ;
- Pérennisation : prise en compte des besoins des utilisateurs, contrôle et amélioration continue, accueil, information des visiteurs.
CIRCOLAB : Label axé sur le réemploi.
Label porté par l’association CircoLab. 15 opérations labellisées
Délivrée par CircoLab, avec un niveau allant de 1 à 5.
En phase conception, il requiert faire l’état des lieux des filières et ressources locales / intégrer les objectifs de réemploi et familles de matériaux ciblées au marché de travaux.
Bon à savoir : Pour ce label, le porteur peut être le MOA ou une entreprise participant au projet

La labellisation ou certification vous tente pour vos projets tertiaires ? N’hésitez pas à faire appel à nous, nous avons plusieurs référents et accompagnateurs formés en interne !
J.R.