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La lumière circadienne, un potentiel d’aménagement 

Avec l'automne, les jours raccourcissent. Le 25 octobre, nous passerons à l'heure d'hiver, et d'ici décembre, beaucoup de salariés arriveront au bureau à l'aube pour en repartir à la nuit tombée. Pendant plusieurs mois, l'essentiel de la lumière qu'ils recevront dans la journée sera celle de leur lieu de travail. Une question mérite donc d'être posée : nos espaces leur en donnent-ils assez ? 

La lumière circadienne

On parle de lumière circadienne pour désigner la lumière qui règle notre horloge biologique. Car l’œil ne sert pas qu’à voir : il indique aussi au corps l’heure qu’il est. Une lumière abondante en journée, surtout le matin, soutient la vigilance, l’humeur et prépare un bon sommeil. Une journée passée dans la pénombre dérègle doucement cette horloge : coups de fatigue, baisse de concentration, nuits moins réparatrices.  

Regarder la lumière depuis l’occupant 

Les travaux de Marilyne Andersen, professeure à l’EPFL où elle dirige le Laboratoire Performance Intégrée au Design (LIPID), ont contribué à un changement de regard décisif. Spécialiste de l’impact de la lumière naturelle sur les occupants d’un bâtiment, elle invite à regarder la lumière depuis la place de celui qui occupe l’espace. Non plus seulement la quantité de lumière qui tombe sur un bureau, mais celle qui arrive réellement dans les yeux. C’est-à-dire selon l’endroit où l’on est assis, la direction du regard, l’heure et la saison. 

Ce changement de point de vue bouscule nos habitudes. Un poste peut être correctement éclairé au sens des normes, qui mesurent la lumière sur le plan de travail, et pourtant priver son occupant de la lumière dont son corps a besoin. Les études menées dans de vrais bureaux vont dans le même sens, et les certifications orientées santé et bien-être commencent à s’en saisir : WELL intègre un critère dédié à l’éclairage circadien, et OsmoZ prend en compte la fatigue et le sommeil des occupants. 

Ce que cela change pour un projet d’aménagement 

Le réflexe consiste souvent à chercher la réponse dans l’équipement, avec des luminaires dits « circadiens » qui font varier leur intensité et leur couleur au fil de la journée. Ils peuvent avoir leur intérêt, mais ils arrivent en bout de chaîne. Le premier levier, c’est l’implantation. 

Concrètement, cela peut passer par le fait de :

  • Placer près des façades les postes occupés toute la journée plutôt que les rangements ou la reprographie,
  • Orienter les postes pour que le regard profite de la lumière sans être ébloui,
  • Ou choisir des protections solaires qui coupent l’éblouissement sans éteindre le plateau.

Le cœur du bâtiment peut accueillir les usages courts, comme les échanges rapides ou les appels. On peut penser l’éclairage artificiel pour les équipes du matin et du soir, plus présent en début de journée, plus doux en fin de journée. Rien de révolutionnaire en soi : le Code du travail demande déjà que les bâtiments soient conçus pour que la lumière naturelle éclaire les locaux de travail. La lumière circadienne invite simplement à prendre cette exigence au sérieux, poste par poste. 

Et chez Tool to Team ? 

Cette approche rejoint la nôtre : partir des usages réels avant de dessiner le plan. On en parlait d’ailleurs dans un article précédent. Savoir qui est présent, à quels moments et pour quelles tâches, permet de réserver la meilleure lumière à ceux qui en ont le plus besoin, et non à ceux qui l’occupent par habitude. En atelier, des questions très simples donnent déjà des indices précieux : à quel moment de la journée vous sentez-vous le moins vigilant ? Où travaillez-vous le mieux en hiver ? 

D’autres pistes restent à explorer :

  • Intégrer une lecture de la lumière à hauteur d’yeux dès le diagnostic des espaces, au même titre que l’analyse de l’occupation,
  • Recueillir le ressenti des équipes avant et après un réaménagement,
  • Ou encore adapter certaines règles d’usage aux saisons. Par exemple en flex office, quand les places près des fenêtres deviennent plus précieuses en hiver. 

Les jours qui raccourcissent sont une bonne occasion de regarder ses espaces autrement. Non pas pour savoir s’ils sont bien éclairés, mais pour savoir s’ils donnent à chacun assez de lumière, au bon moment. 

A.B.

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