Panneau jaune de signalement de danger radioactif sur la façade d'un bâtiment
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Radon : penser à la qualité de l’air dès la programmation

Le radon est un gaz radioactif naturel, incolore et inodore, provenant de la désintégration de l’uranium. Il se cache dans le sol et peut s’accumuler à l’intérieur des constructions, y compris dans les espaces de bureaux. Ce gaz, reconnu cancérigène pulmonaire pour l’homme depuis 1987 par le centre international de recherche sur le cancer (CRIC) de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS), est la 2ème cause de cancer du poumon après le tabac. Alors, qui doit s’en préoccuper ? Les maîtrises d’ouvrage, les architectes, les programmistes et tous ceux qui imaginent des bâtiments sains et confortables. Quand ? Dès la phase de programmation. Pourquoi ? Pour protéger la santé des occupants et éviter des surcoûts inutiles plus tard. La Tool to Team fait le point pour vous.

Dans cet article

    Identifier les zones à risque radon 

    Avant de se lancer dans un projet, il est indispensable de connaître le potentiel radon du terrain. Pour cela, une carte du potentiel radon en France métropolitaine a été dressée par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN). Les communes sont classées selon trois catégories de potentiel allant de faible à élevé. Cette carte sert de référence pour identifier les zones prioritaires où la réglementation impose des mesures spécifiques afin de limiter le radon dans les bâtiments. 

    Cadre réglementaire 

    Plusieurs réglementations existent :

    Le Code du travail

    Le Code du travail (articles R. 4451-1 et suivants) énonce que le radon est un risque professionnel qui oblige donc l’employeur à évaluer les risques liés au radon pour les locaux de travail situés en sous-sol et rez-de-chaussée, ainsi que les lieux de travail spécifiques (mines, tunnels, carrières). Si le niveau de 300 Bq/m3 est dépassé, des actions correctives doivent être mises en place sur le bâtiment. 

    Le Code de la santé publique

    Le Code de la santé publique (article R. 1333-28 à -36) de la concerne 5 types d’ERP :

    • Les établissements d’enseignement,
    • Les établissements sanitaires et médico-sociaux,
    • Les établissements pénitentiaires,
    • Les établissements thermaux
    • Et les établissements d’accueil d’enfants de moins de 6 ans.

    Il impose un dépistage du radon dans les communes situées en zone 3 de la carte IRSN. Mais également dans les zones 1 et 2 si un dépistage antérieur a révélé une concentration annuelle moyenne supérieure à 300 Bq/m3. En cas de dépassement de ce seuil, le propriétaire doit réaliser des actions correctives jusqu’à afficher un résultat conforme. 

    Le Code de l’environnement

    Le Code de l’environnement (articles R. 125-23 et -24) inclut le radon parmi les risques naturels et technologiques majeurs, et impose aux vendeurs ou bailleurs d’informer les acquéreurs ou locataires situés en zone 3 de ce risque via le dispositif Information des Acquéreurs et des Locataires (IAL). 

    Sur le lieu de travail, le radon constitue donc un danger potentiel pour la santé des travailleurs et doit être traité comme un facteur de risque à contrôler. En cas d’exposition accrue, des mesures de correction doivent être prises afin de limiter l’exposition sur le lieu de travail.

    Prévention et solutions techniques 

    Une fois le risque radon identifié, plusieurs solutions peuvent être intégrées dès le stade de programmation pour limiter son impact. L’idée est simple : empêcher le gaz de pénétrer dans le bâtiment et, s’il entre, diluer sa concentration dans le bâtiment. Ce polluant entre par tous les défauts d’étanchéité à l’air de l’enveloppe en contact avec le sol (convection) mais également par transport diffusif à travers les matériaux (diffusion). 

    On distingue 3 axes de travaux de remédiation : 

    • Etanchéification de l’interface sol/bâtiment : l’objectif est de créer une barrière la plus continue possible entre le terrain et le bâtiment, ou entre le sous-sol et les espaces occupés. Cela passe notamment par le traitement des points faibles : passages de réseaux, fissures, joints périphériques etc. Sans une bonne étanchéité initiale, les autres dispositifs perdent en efficacité. 
    • Ventilation du bâtiment : elle permet de diluer le radon grâce au renouvellement de l’air intérieur et contribue plus largement à la qualité de l’air intérieur. 
    • Traitement du soubassement : selon qu’il s’agisse d’un vide-sanitaire, d’une cave, d’un sous-sol ou d’un dallage sur terre-plein, une ventilation naturelle ou mécanique peut réduire la migration du radon vers les espaces occupés. Dans les situations les plus exposées, un Système de Dépressurisation des Sols (SDS) permet d’inverser les flux en aspirant le gaz avant qu’il ne pénètre dans le bâtiment. 

    Combinées, ces 3 approches forment une stratégie cohérente et efficace contre le radon. 

    La qualité de l’air ne doit donc pas être une réflexion après coup : elle se planifie dès la programmation. Penser au radon au plus tôt permet d’anticiper les solutions techniques et d’optimiser le confort et la santé des futurs occupants. 

    E.R.R.

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