Rénover des bureaux sans mettre l’activité entre parenthèses : voilà l’équation complexe à laquelle font face de nombreuses maîtrises d’ouvrage. Dans les projets de réhabilitation de bâtiments tertiaires, la question du chantier en site occupé s’impose dès la phase de programmation. Qui cela concerne-t-il, comment s’organise-t-on, … Et surtout, quelles solutions concrètes permettent de traverser cette période sans trop perturber le quotidien des équipes ?
Petit tour d’horizon :
Rester sur place : le chantier par tranches successives
Une solution consiste à maintenir l’activité en site occupé, en découpant le chantier en tranches successives. C’est-à-dire, étage par étage, secteur par secteur (à adapter selon le bâtiment). Les équipes impactées doivent se réorganiser temporairement : densification des espaces restants, voire télétravail à 100 % pendant les phases les plus intrusives.
Cette approche exige une anticipation rigoureuse. Les accès au bâtiment doivent être clairement différenciés entre salariés et entreprises de travaux. La réglementation incendie s’applique à chaque configuration intermédiaire : sorties de secours, distances maximales, absence de culs-de-sac, accessibilité PMR. Les nuisances — bruit, poussières, vibrations — doivent être planifiées en dehors des périodes clés, voire concentrées sur les congés.
Attention cependant : pour des activités sensibles (salles blanches, centres de supervision, datacenters), cette cohabitation est souvent inenvisageable. Et mécaniquement, un chantier phasé est un chantier plus long, car il multiplie les déménagements internes et les zones de transition.
S’installer ailleurs : l’externalisation temporaire
Une autre option : quitter provisoirement les lieux et s’installer dans d’autres locaux. Soit ceux dont dispose déjà le maître d’ouvrage, soit des espaces loués pour la durée du chantier. Une solution propre et qui préserve les conditions de travail — mais qui n’est pas sans contraintes.
Les locaux de substitution doivent se trouver dans un périmètre géographique acceptable pour l’ensemble des collaborateurs. Ils doivent aussi offrir les mêmes services de base : restauration, stationnement ou accès aux transports en commun. A noter que deux déménagements sont à organiser (aller et retour). Cela représente un coût et une charge organisationnelle à ne pas sous-estimer — surtout si la durée du chantier est courte.
Enfin, l’offre de location varie fortement selon le territoire : abondante en centre-ville, plus rare en zone périurbaine ou rurale. Une étude du marché immobilier local peut donc s’avérer nécessaire avant de s’engager sur cette voie.
Rester sur site autrement : les bâtiments modulaires
Une autre voie consiste à installer des bâtiments modulaires sur un terrain à proximité immédiate du bâtiment en travaux. Cette solution permet de rester sur site et conserver les proximités avec les autres services et équipements. Ce, tout en bénéficiant d’un environnement de travail dédié et sans nuisances.
Les structures modulaires d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose à voir avec les préfabriqués des années 1980. En effet, l’isolation thermique et acoustique et la qualité d’aménagement et de luminosité ont considérablement progressé. Les zones de parking sont souvent utilisées temporairement pour les accueillir. Cependant, cela signifie la suppression d’une partie des places de stationnement.
Nous vous parlions plus en détail de la construction modulaire dans un article précédent. Le principal frein de cette solution reste le coût. L’installation (terrassements, raccordements électriques, eau potable, eaux usées, etc.) et la location sur la durée peuvent représenter des montants significatifs. À mettre en balance avec les gains en continuité d’activité et en qualité de vie au travail pendant le chantier.
Et surtout : ne pas oublier les personnes
Quelle que soit la solution retenue, une démarche de concertation avec les personnels concernés est indispensable. Et celle-ci doit être initiée le plus tôt possible. Les collaborateurs ne doivent pas subir les décisions : ils doivent y être associés.
En amont, un travail de programmation (définition des besoins, organisation des services) pouvant aller jusqu’au space-planning (plans d’aménagement, mobilier) permet d’anticiper l’intégration dans les nouveaux locaux. Dans certains contextes, une démarche d’accompagnement au changement peut également s’avérer précieuse pour anticiper d’éventuels conflits, voire transformer cette période de transition en opportunité : réorganiser les services, développer le bureau partagé, expérimenter le flex-office, …
C’est exactement là que Tool-to-Team intervient. Programmation architecturale, space-planning, concertation, accompagnement au changement : nos équipes peuvent accompagner la maîtrise d’ouvrage à chaque étape, pour que le chantier ne soit pas une parenthèse subie, mais un cap franchi ensemble !
L.V.